Carte de la Culture de la Perfection

Dans les salles où l’on pratique les arts martiaux se trouve parfois une étrange estampe ; c’est la « Carte de la Culture de la Perfection » (Xiuzhentu), elle représente le corps avec les processus alchimiques et rituels qui permettent de réaliser la Voie. Le corps y est vu comme un pays symbolique. Son contour évoque un fœtus. En bas, deux enfants, père et mère Tao, font tourner un moulin qui fait monter les énergies, les empêchant de s’écouler vers le bas. Elles sont chauffées dans une grande marmite (notre « feu » abdominal), et se transforment en « Qi ». Il remonte au cerveau par le rachis. Au niveau des reins, un laboureur, à celui des poumons, un enfant enfile des pièces de monnaie sur un fil en forme de Grande Ourse. Des livres entiers ont été écrits sur ces curieuses cartes taoïstes.
Courtesy Françoise Blévot

« En premier lieu, faites d’abord descendre le yin contenu dans le yang de l’orifice supérieur, pour qu’il pénètre dans le chaudron de métal de la mer du souffle (abdomen) et s’y unisse au yang véritable de l’orifice inférieur. Le yin véritable à l’intérieur du yang, c’est l’âme originelle qui relève des trois âmes visionnaires (hun). Le yang véritable de l’orifice inférieur, c’est le souffle originel du corps qui relève des sept âmes végétatives (po). Dès que ces deux souffles de l’avant et de l’arrière du corps s’unissent, Kan (eau) et Li (feu) s’échangent et se mêlent, l’âme et le souffle se nouent et se condensent, la respiration embryonnaire se stabilise. Dès lors, chaque jour une joie ineffable semblable à celle de l’union charnelle vous inonde ; si vous ne vous y attachez pas, tout naturellement sécrétions et chaleur – formant l’hexagramme Jiji formé des trigrammes Kan, l’eau et Li, le feu – se répandent dans les membres et brillent d’un éclat aussi fort que celui d’un feu externe. Lorsque l’eau et le feu sont équilibrés, le régime du feu de la petite région sidérale se régularise, des vapeurs montent, le souffle de la gorge s’inverse et retourne à la mer originelle (abdomen) ; tout naturellement le yang extérieur pénètre à l’intérieur, le feu véritable fait irruption vers le haut. Le corps d’une grande souplesse goûte une joie infinie ; plusieurs fois par jour on éprouve la sensation d’un dragon tournoyant, montant et descendant dans l’abdomen ; c’est alors que la jeune fille et l’adolescent s’unissent. Telle est l’étape de la cueillette du yin pour compléter le yang, cultiver et raffiner la liqueur de jade pour la faire revenir au champ du cinabre.»

Voie du renversement et du retour à l’origine par Zhang Sanfeng – éminent taoiste XIV-XVe siècle – Monts Wudang
Courtesy Catherine Despeux – Taoisme & Connaissance de soi – Ed. Guy Trédaniel

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